La tradition rompue. Le suicide collectif des candidatures
Très Respectable Frère, Respectable Frère,
Êtes-vous franc-maçon ? Êtes-vous candidat à la Grande Maîtrise de la Grande Loge Nationale Française ?
La question paraît saugrenue. Tant il est ancré dans nos us et coutumes que cette candidature se fasse par le haut, c'est à dire sous l'égide des Frères les plus sages et les plus expérimentés, qui entourent le Grand Maître dans la désignation qu'il fait implicitement d'un successeur en la personne de son Député Grand Maître.
Pendant toute la durée de l'exercice de cette lourde charge, le Député Grand Maître a l'occasion de se faire connaître et surtout "reconnaître" par l'ensemble des Frères, et de perfectionner la connaissance qu'il a des rouages de la maison, des relations avec les autres Grandes Loges Régulières et, s'il en était besoin, avec les corps maçonniques constituant les juridictions amies.
Le choix du Grand Maître obéit le plus souvent à cette logique, et, à l'instar de l'élection du Vénérable Maître dans une Loge, son mode de désignation par le Souverain Grand Comité se fait à scrutin secret, à la majorité simple à un tour, ce qui permet d'éviter des discours partisans, ou des allers et retours qui pourraient laisser des cicatrices dans l'esprit de nombreux Frères.
Dans les circonstances actuelles, cette tradition est rompue par la nomination trop récente d'un Député de circonstance.
Le Grand Maître ne faisant plus l'unanimité, et alimentant de lui-même une logique partisane exclusive, tout candidat qu'il pourrait désigner (lui-même ou un autre), apparaîtra par essence comme un candidat partisan et insuffisamment préparé, quelles que puissent être ses qualités. Cette situation alimente de fait l'éclosion de candidatures, où les adversaires se prêteront mutuellement ambition et désir de conquête, plus que dévouement à l'unité que nous recherchons.
Comme toute modification des statuts serait très contestable dans ces conditions, le Souverain Grand Comité risque de désigner, avec proportion de voix et une légitimité trop faibles, un candidat qui ne sera pas ratifié par l'assemblée générale. S'ensuivront des allers et retours entre l'assemblée générale et le Souverain Grand Comité, très onéreux et difficiles à gérer, compte tenu du fait que l'Assemblée Générale est supposée se tenir en un seul lieu avec plusieurs milliers de Frères.
Comment faire pour sortir de cette impasse sinon par l'égrégore ? Pour autant que celle-ci soit soutenue par une logique de désignation exceptionnelle, qui pallie à la carence du système de transmission traditionnel dans les circonstances présentes.
Quelle peut-être cette logique ?
Afin d'éviter une trop grande dispersion des candidatures, pour éviter des candidatures "spontanées" ou partisanes, un mécanisme de désignation par reconnaissance mutuelle peut et doit s'envisager, au sein d'une égrégore toute particulière entre les membres de droit et les candidats aujourd'hui dispersés, avant la réunion du Souverain Grand Comité qui désignera un nouveau Grand Maître.
C'est pour favoriser cette logique de transmission exceptionnelle que nous vous appelons instamment à nous rejoindre
Cette échange par Questions Réponses qui s'applique à chacun d'entre nous ne doit-il pas s'appliquer en tout premier à notre futur Grand Maître ?
- Êtes-vous Franc-Maçon ?
- Mes Frères me reconnaissent pour tel.
- Êtes-vous candidat ?
- Mes Frères me reconnaissent pour tel